Loire mon amour
Entre Oudon et Nantes, la Loire s’impose comme un élément vivant du paysage.
Là où la Loire déborde, le quotidien bascule parfois dans l’insolite : à la frontière du réel et du poétique, un chemin disparu sous les eaux, une vache est là, elle assiste à ce spectacle surprenant, des habitants rejoignant leur maison en barque le temps de la crue…
Le territoire agricole, fait de parcelles maraîchères et de vignobles, épouse le fleuve, tout comme ces vastes tunnels de bâche blanche qui, souvent décriés pour leur aspect, prennent pourtant une présence singulière : un langage visuel fait de répétitions, de volumes et de lumière, qui s’inscrit dans le paysage par la force.
Cette série est née d’un regard intime, attentif aux gestes simples d’un pêcheur, aux eaux qui envahissent les chemins, aux animaux surpris et aux transformations parfois discrètes ou brutales qui modifient le lit du fleuve.
Ni complètement sauvage, ni totalement domptée, elle déborde, se retire, crée ses propres chemins. Le fleuve impose ses rythmes, ses flux, ses retenues.
Sur ses rives, les paysages racontent un entre-deux fragile, où la nature et l’homme se côtoient et s’entremêlent, entre défis et compromis. J’ai grandi au contact de ces lieux, de leurs brumes, les crues, les lumières changeantes. Cette section de la Loire, à la fois sauvage et travaillée, m’a offert le théâtre d’une exploration passionnée mêlant observation documentaire et regard sensible.
Loire mon amour ne se veut pas un inventaire, ni un manifeste. C’est plutôt une invitation à regarder autrement.